J’ai découvert ce sketchnote synthétisant les concepts clés de Thinking Fast and Slow un peu par hasard, mais c’est un ami qui a déclenché ma curiosité en pointant du doigt une erreur flagrante. Il ne comprenait pas pourquoi le Système 1 était montré comme capable de réflexion analytique, alors que c’est précisément un point que Daniel Kahneman différencie. Cette remarque m’a poussé à creuser plus loin. J’ai donc décidé de tester ce résumé visuel en conditions réelles, avec un groupe d’utilisateurs, pour voir si cette confusion venait du choix des icônes et si elle pouvait vraiment nuire à la compréhension. J’ai voulu mesurer aussi combien de temps prenait la lecture et comment les participants percevaient la lisibilité globale du sketchnote.
Comment j'ai organisé ce test avec un groupe d'utilisateurs en conditions réelles
J’ai mis en place un protocole de test sur trois semaines, avec deux sessions d’apprentissage espacées de quinze jours. J’ai réuni une dizaine de participants, tous avec un niveau intermédiaire en psychologie cognitive, histoire de ne pas partir de zéro mais sans expertise poussée. Le cadre de test n’était pas un laboratoire, mais plutôt des environnements calmes et variés : certains participants dans leur bureau personnel, d’autres en café tranquille. Ce choix m’a semblé plus proche des conditions réelles d’usage, même si ça laissait un peu de bruit de fond. J’ai voulu que la dynamique reflète un usage classique, sans contrainte stricte. Chaque session durait environ une heure, avec une première phase de lecture suivie d’un questionnaire de compréhension, puis une seconde phase trois semaines après pour évaluer la rétention.
Pour les supports, j’ai imprimé le sketchnote en format A3 couleur, ce qui permettait aux participants de le manipuler facilement et de le consulter à l’aise. J’ai aussi fourni une version numérique consultable sur tablette, avec possibilité d’annoter directement sur le fichier. Cette double approche visait à capter les différences entre lecture papier et écran, sachant que la taille réduite des textes sur tablette pouvait poser problème. Le questionnaire avant et après lecture comprenait des questions précises sur les concepts, notamment la distinction entre Système 1 et Système 2, et un volet sur le ressenti visuel et la lisibilité. J’ai noté aussi le temps de lecture effectif, mesuré avec un chronomètre, pour avoir un indicateur concret.
Mon objectif principal était de vérifier si les pictogrammes facilitaient ou au contraire brouillaient la distinction entre Système 1 et Système 2. J’ai observé aussi combien de temps il fallait pour parcourir l’ensemble du sketchnote, et j’ai compté les erreurs conceptuelles, notamment les confusions signalées sur le biais de confirmation et d’autres notions clés. Le ressenti subjectif sur la lisibilité et la fatigue visuelle était un point important, car plusieurs utilisateurs avaient déjà évoqué ce souci. J’ai donc demandé aux participants de me décrire leurs sensations, la facilité à suivre les flèches, la taille des textes, et la clarté des icônes. J’ai pu ainsi croiser ces retours avec les résultats aux questionnaires.
Le jour où j'ai compris que la confusion venait vraiment des icônes trop proches
Le premier vrai signal est arrivé dès la première session, quand un participant m’a spontanément dit qu’il avait du mal à distinguer le Système 1 du Système 2. Le sketchnote utilise deux cerveaux stylisés : l’un simple, sans détail, censé représenter le Système 1, l’autre avec des lunettes, censé être le Système 2. Ce que j’ai constaté, c’est que la proximité visuelle des deux cerveaux stylisés a clairement brouillé la frontière entre Système 1 et Système 2, créant un flou conceptuel difficile à lever sans explication orale. Cette personne a d’ailleurs confondu en attribuant au Système 1 des capacités de réflexion analytique, alors que c’est la fonction du Système 2. Ce retour m’a frappée, car c’était exactement le point soulevé par mon ami au départ.
J’ai aussi remarqué une fatigue visuelle assez rapide chez certains participants. L’un d’eux a abandonné la lecture au bout de 8 minutes, évoquant que la taille réduite des textes et la densité d’icônes rendaient la consultation pénible. Il a précisé que les détails s’accumulaient, créant un effet de surcharge cognitive. Ce que j’ai vu, c’est que les zones où les pictogrammes étaient les plus concentrés provoquaient un véritable blocage visuel. Ce n’était pas juste une question d’attention, mais une sensation de surcharge qui diminuait la capacité à assimiler les informations.
Par ailleurs, j’ai observé un phénomène qu’on appelle la gélification du sketchnote. La gélification du sketchnote m’a sauté aux yeux quand un participant m’a dit que, bien qu’il reconnaisse chaque icône, il peinait à reconstituer la logique globale sans revenir au texte original. Autrement dit, les symboles restent en mémoire, mais leur articulation logique ne se fait pas spontanément. Sur Reddit, un utilisateur avait décrit ce ressenti en disant qu’il gardait les images en tête mais pas le fil narratif, ce qui correspondait à ce que j’entendais. Cela m’a fait réfléchir sur la structuration des liens visuels, qui doivent être plus clairs et moins ambigus.
À un moment, j’ai vraiment douté de la pertinence de certains choix graphiques. Par exemple, deux biais cognitifs différents, comme l’ancrage et la représentativité, étaient tous deux représentés par des formes géométriques très proches, ce qui ajoutait à la confusion. J’ai repensé à mes notes et constaté que cette réduction visuelle excessive, que certains appellent « réduction cognitive », avait tendance à simplifier à l’excès, au point de perdre la nuance nécessaire. Cette frustration m’a fait hésiter à continuer sans modifier le sketchnote, car je sentais que la clarté ne pouvait pas être améliorée juste par la lecture seule.
Trois semaines plus tard, la surprise sur la mémorisation et les ajustements nécessaires
Après trois semaines, je suis retournée voir les mêmes participants pour une seconde séance. J’ai mesuré que le temps moyen de lecture s’était stabilisé autour de 7 minutes, ce qui reste bien en-dessous du temps nécessaire pour un résumé écrit classique, que je sais tourner autour de 25 minutes. Par contre, le taux d’erreurs conceptuelles restait élevé, avec près de 40 % des personnes qui confondaient encore Système 1 et Système 2, malgré les explications orales entre les deux sessions. J’ai noté que certains biais, comme celui de disponibilité, étaient mieux retenus, probablement grâce à la représentation visuelle plus claire et intuitive. Cela a confirmé que certaines parties du sketchnote fonctionnaient mieux que d’autres.
J’ai aussi vu que les utilisateurs avaient commencé à ajuster le sketchnote à leur façon. Par exemple, certains agrandissaient les icônes à la main, d’autres ajoutaient des annotations manuscrites pour mieux différencier les systèmes. L’un d’eux a même réduit sa palette graphique, limitant les couleurs et les formes pour diminuer la surcharge visuelle. Ces adaptations spontanées m’ont montré que le support, tel quel, n’était pas parfait et qu’un travail de simplification était nécessaire pour faciliter l’appropriation.
Une surprise positive est venue de la représentation du biais d’ancrage. Le sketchnote utilise un curseur visuel qui se déplace entre deux extrêmes, ce qui a aidé plusieurs participants à comprendre intuitivement comment ce biais influence le jugement. Ce détail a vraiment capté leur attention et compensé en partie les confusions sur d’autres points. J’ai trouvé cette solution graphique très pertinente, car elle traduisait un concept abstrait en image simple et dynamique.
Malgré cela, la frustration liée à la surcharge d’informations restait présente. Dès la troisième minute de lecture, beaucoup ressentaient une forme de fatigue cognitive, comme si le cerveau refusait de traiter l’ensemble du contenu d’un coup. Cette sensation était particulièrement forte dans les zones où les pictogrammes étaient nombreux et les textes petits. J’ai compris que la hiérarchisation visuelle manquait, ce qui alourdissait inutilement la charge mentale.
Mon verdict sur ce que j'ai appris et pour qui ce sketchnote peut vraiment marcher
Ce que j’ai retenu, c’est que ce sketchnote fonctionne plutôt bien pour synthétiser les biais cognitifs simples. La représentation visuelle permet un gain de temps réel en lecture, et c’est un outil qui peut accélérer l’assimilation lors d’ateliers ou de formations courtes. J’ai vu que les participants appréciaient la clarté immédiate sur certains concepts, notamment grâce à des pictogrammes simples, comme le cerveau divisé en deux parties colorées. Ce résumé visuel donne une bonne première approche, surtout quand il est accompagné d’une explication orale.
En revanche, j’ai constaté que le sketchnote pêche sur plusieurs points. Le choix des icônes est trop proche pour différencier clairement Système 1 et Système 2, ce qui provoque des confusions persistantes. La surcharge visuelle n’est pas maîtrisée, avec trop d’éléments regroupés dans certains espaces, ce qui cause rapidement une fatigue cognitive. Il manque aussi des nuances sur des concepts complexes, comme l’ancrage ou la confirmation, où la simplification excessive amène à des erreurs d’interprétation. À mon sens, ces défauts limitent l’usage en auto-apprentissage sans support.
Je pense que ce sketchnote est adapté aux débutants en psychologie cognitive, surtout s’ils bénéficient d’un accompagnement oral pour lever les ambiguïtés. Il peut servir aux entrepreneurs en formation collective, qui cherchent une introduction rapide aux principes de Kahneman. Par contre, j’ai vu que son usage en auto-formation n’est pas optimal, car les confusions et la surcharge risquent de décourager. Ceux qui veulent approfondir devront compléter avec d’autres supports plus détaillés.
J’ai aussi réfléchi aux alternatives. Certains utilisateurs ont préféré créer des sketchnotes simplifiés, avec moins d’icônes et des formes plus grandes, ce qui a nettement réduit la fatigue cognitive. D’autres ont opté pour des supports hybrides mêlant texte et dessin, pour garder une meilleure précision conceptuelle. Enfin, la version numérique interactive avec zoom et annotations a séduit quelques participants, car elle permet de naviguer plus librement dans le contenu et d’ajuster la taille des éléments selon le besoin. Cette flexibilité aide à limiter la surcharge visuelle.


