J’ai testé un système de codes couleurs dans mon carnet de lecture business pour gagner du temps

Laëtitia Boucher

juin 27, 2026

Un lundi matin, mon carnet de lecture business débordait déjà de notes, mais impossible de retrouver rapidement les idées clés dont j'avais besoin pour une réunion urgente. J'avais accumulé tellement d'informations que le temps passé à fouiller mes pages me freinait clairement. Face à ce mur, j'ai décidé d'appliquer un système de codes couleurs thématiques, pensant structurer mes notes par domaines : marketing, financier, comportement. Ce test s'est étalé sur trois semaines, avec un usage quotidien, entre mon bureau, quelques cafés du centre-ville de Tours, et mes déplacements. Je voulais voir si ce code couleur allait vraiment accélérer la recherche et la réutilisation de mes notes en conditions réelles de travail.

Comment j’ai mis en place le code couleurs dans mon carnet au quotidien

Dès le premier jour, j'ai intégré le code couleurs dans mes prises de notes, qui se sont déroulées chaque fois que je lisais un contenu business. En moyenne, je notais une à deux pages par session, trois à quatre fois par semaine, en alternant entre mon bureau à Tours, où je peux me concentrer sans interruption, et des cafés où le bruit ambiant me pousse à écrire plus vite. Parfois, j'emportais mon carnet dans les transports pour profiter des trajets. Ce protocole a duré trois semaines, assez pour observer un vrai changement dans mon organisation.

Pour matérialiser les codes, j'ai choisi trois couleurs principales : bleu pour le marketing, rouge pour le financier, et vert pour le comportement. Ce choix venait du fait que ces domaines revenaient régulièrement dans mes lectures et correspondaient à des facettes bien distinctes de mes projets. J'ai utilisé des stylos à encre gel de ces couleurs pour écrire directement les idées clés, et des surligneurs pour marquer les passages importants. Pour les annotations personnelles et les réflexions, j'ai ajouté des post-its jaunes. Le carnet lui-même est structuré avec des sections dédiées comme 'idées principales', 'actions à entreprendre' et 'réflexions personnelles', ce qui m'a permis de garder une cohérence dans l'organisation.

Ce que je voulais vraiment mesurer avec ce système, c'était la vitesse à laquelle je pouvais retrouver une idée clé dans mon carnet. Avant, je passais parfois jusqu'à 10 minutes à chercher une information pertinente. Je voulais aussi savoir si cette organisation colorée allait faciliter la réutilisation en réunion, où chaque seconde compte. Enfin, je souhaitais voir si cette méthode avait un impact sur ma mémorisation, si le fait d'associer une couleur à un thème renforçait ma compréhension des concepts complexes. J'avais en tête que l'acte physique d'écrire, combiné à la codification, pouvait stimuler une mémoire kinesthésique.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas comme prévu

Au bout de quelques jours, j'ai commencé à sentir que le système de codes couleurs apportait aussi son lot de complications. Plutôt que de simplifier la prise de notes, la multiplicité des couleurs imposait une surcharge cognitive. Mon cerveau se retrouvait à gérer trop d'informations visuelles, et j'ai ressenti une fatigue oculaire inhabituelle, comme si mes yeux étaient saturés par les différentes teintes sur les pages. Et puis, certaines idées ne rentraient pas clairement dans les catégories définies, ce qui provoquait une confusion constante entre marketing et comportement. Cette imprécision m'a fait perdre encore plus de temps que prévu à trier mes notes.

Je me souviens particulièrement d’un après-midi où j’ai passé 20 minutes à essayer de classer une idée un peu hybride. Cette idée parlait de la façon dont une décision financière influençait le comportement client, mais je n’arrivais pas à choisir entre rouge ou vert. J’ai même hésité à créer une nouvelle couleur, mais j’ai vite abandonné. J’ai passé plus de temps à choisir la couleur qu’à écrire l’idée, ce qui a cassé complètement mon élan de prise de notes. Cette frustration a fini par me décourager et j’ai laissé mon carnet plusieurs heures sur mon bureau sans y toucher.

Face à ce blocage rédactionnel, j’ai décidé de revoir la méthode. J’ai simplifié les codes couleurs en réduisant à trois couleurs principales, en abandonnant les sous-catégories trop fines qui ne faisaient que multiplier les hésitations. J’ai aussi arrêté d’essayer d’attribuer une couleur à chaque nuance d’idée. Ce choix a allégé la charge mentale. À partir de là, j’ai privilégié une hiérarchisation stricte dans le carnet, en utilisant des titres et sous-titres clairs pour organiser les contenus, tout en gardant les couleurs comme repères visuels simples. Cette étape a été indispensable pour ne pas laisser le carnet tomber dans un usage sporadique.

Trois semaines plus tard, ce que j’ai vraiment constaté

Après trois semaines d’usage, j’ai mesuré une nette réduction du temps moyen de recherche d’une idée dans mon carnet. Avant le test, je mettais environ 10 minutes à retrouver une information précise. Avec le code couleur, ce temps est tombé à 5 minutes en moyenne, ce qui représente une économie de 50 %. Ce gain est réel, surtout quand je prépare des réunions où les idées doivent être à portée de main rapidement. Le fait d’associer une couleur à un thème m’a permis de balayer visuellement les pages et de repérer plus vite les passages pertinents.

Un autre point que j’ai noté est l’effet kinesthésique renforcé par l’écriture manuscrite avec ces codes. L’acte d’écrire les idées clés à la main, tout en changeant de couleur selon le thème, a stimulé ma mémoire de façon plus qui marche que la prise de notes digitale que j’utilisais avant. J’ai constaté une meilleure compréhension des concepts complexes, notamment ceux liés aux stratégies marketing et aux comportements clients. La répétition du geste coloré a ancré les notions plus profondément, ce qui m’a aidé à reformuler les idées dans mes propres mots lors des réunions.

Une surprise inattendue est venue de la couleur rouge, que j’avais choisie pour le financier. Sans m’en rendre compte, c’est la couleur rouge qui est devenue mon repère principal, comme un signal d’alerte dans le flot d’informations. Chaque fois que je feuilletais mes notes, mon œil était attiré par cette teinte, ce qui modifiait ma façon de prioriser les idées. En réunion, je me suis retrouvé à accorder plus d’attention aux points marqués en rouge, ce qui ne correspondait pas toujours à mes intentions initiales. Cette réaction instinctive a été une vraie découverte dans l’usage du code couleur.

Mon verdict au bout du test : pour qui ça marche et quand ça coince

Ce que j’ai vu fonctionner, c’est que le système de code couleur convient bien aux profils multitâches, comme les entrepreneurs qui jonglent avec plusieurs projets à la fois. Pour ceux qui ont une mémoire visuelle développée, ce repérage couleur aide à structurer les idées rapidement. Dans mon cas, la structuration du carnet avec des sections dédiées – idées principales, actions à entreprendre, réflexions personnelles – associée aux codes, a renforcé la mémorisation active et la réutilisation en contexte professionnel. Ce cadre m’a permis de garder un fil conducteur dans mes lectures et de ne pas perdre le cap.

Les limites apparaissent quand le carnet est trop rempli, sans hiérarchisation claire. J’ai remarqué que vouloir tout noter sans filtre provoque un effet délaminage où les idées clés se perdent dans la masse. Le système devient rigide, avec un risque de blocage rédactionnel, surtout si on passe plus de temps à choisir les couleurs qu’à écrire. J’ai aussi appris que ne pas mettre à jour régulièrement les sections 'actions à entreprendre' finit par vider ces pages de leur utilité. Le fading des idées survient si la relecture active est oubliée, même avec des notes colorées. Ça m’est arrivé, et ça m’a rappelé que la méthode seule ne suffit pas.

Pour pallier ces limites, j’ai envisagé d’autres solutions. Le mind mapping dans le carnet ouvre plus d’espace pour lier les concepts entre eux, ce que le code couleur ne fait pas toujours bien. J’ai aussi testé des fiches numériques avec tags, qui offrent plus de flexibilité dans la classification. Enfin, certains préfèrent un carnet sans code couleur mais avec sections thématiques claires, en misant sur une organisation textuelle simple. Dans mon cas, je garde le code couleur mais en l’utilisant avec parcimonie, intégré à une routine quotidienne qui inclut relecture et synthèse hebdomadaire.

Au final, le carnet, avec un budget de 15 à 25 euros, reste un investissement rentable si on l’intègre dans un processus d’apprentissage actif. J’ai vu qu’j’ai appris qu’il vaut mieux au moins 3 à 4 mois pour qu’il devienne un outil de référence. Mon test de trois semaines a confirmé qu’un bon système de codes couleurs peut réduire de moitié le temps de synthèse des lectures business, mais seulement à condition de ne pas se laisser submerger par la surcharge d’informations et de garder une discipline de mise à jour régulière.

Laëtitia Boucher

Laëtitia Boucher publie sur le magazine Au Jardin des Bulles des contenus consacrés à l’entrepreneuriat, à l’organisation d’activité, aux livres et aux ressources d’apprentissage. Ses articles sont pensés pour aider les lecteurs à mieux comprendre un sujet et explorer de nouvelles idées à travers la lecture. Son approche repose sur la clarté, la pédagogie et la recherche de repères concrets, avec une attention portée aux livres comme supports de formation, de progression et d’ouverture sur de nouvelles façons d’apprendre.

LIRE SA BIOGRAPHIE

Articles en lien